Je suis à nouveau en permission, et comme les prisonniers j'ai dû me présenter au CMP, équivalent du comissariat de police pour les "fous" je ne suis pas folle, juste victime d'une malheureuse crise d'épilepsie, même à des chats cela peut arriver, c'est pour cela qu'en entendant à la radio qu'on allait demander aux vétérinaires de s'occuper des patologies légères des humains, j'ai pensé qu'on aurait mieux fait d'appeler le vétérinaire de mes chats quand j'ai eu mon malaise, il est très gentil, quand ma soeur est allé le voir une fois pour une adresse de cat-sitter pour me remplacer aux soins des chats durant mon absence, une autre parce que Miranda avait des puces, il lui a dit qu'il savait que j'avais des problèmes; bien que je n'ai rien montré et que lui n'ait fait aucune allusion quand j'allais le voir.

A vrai dire là où je suis enfermée, je n'ai aucune compréhension, ni thérapie.

Bien, je ne veux pas dire trop de mal, je voudrais qu'on me laisse sortir pour Noël.

Mais là où je suis, il n'y a aucune psychothérapie, les journée se passe à attendre que le temps passe, j'y vais avec une provision de livres, mon poste de radio, je sort dans le jardin pour fumer, c'est interdit à l'intérieur.

Ce matin, j'ai encore attendu le taxi on me dit neuf heures, c'est une bonne heure plus tard qu'il est enfin là; en principe, c'est le même qui doit venir me chercher demain en fin d'après-midi, la semaine dernière il avait fallu rappeler, on m'avait oubliée!

Vendredi dernier, pour les gens qui participent aux activités de leur association il y avait un déjeuner de Noël dans un restaurant à Chantilly. Une sortie, même si le menu, le même pour tout le monde, n'était pas ce que j'aurais choisi.

Le week end il ne se passe rien, et c'est là que la télé manque.

Mardi c'est le jour où je fais parti d'un groupe qu'on emmène à l'hôpital de jour d'Asnières pour faire une activité (infantile), cette fois j'ai enfilé des perles de pacolilles pour faire un bracelet, si je veux je pourrais l'acheter, pour une somme modique, et oui, on travaille sans être payer mais on peut payer notre travail.

Dans la vrai vie, j'ai de vrais bijoux, mais gardés soigneusement à la maison, à l'hôpital, rien de valeur, on se fait tout voler.

Bien sûr reste encore l'héritage de ma mère qui n'est pas réglé.

Je suppose que ma soeur et moi finiront par porter ses bijoux, pour le moment, cela me semble trop frais pour le faire; l'ennui c'est que nous n'avons pas d'enfants à qui les transmettre.

J'en suis où, à la moitié de ma vie, super, a condition d'être libre.